Les règles ergonomiques de Bastien et Scapin

Onellia Ceccaldi

onellia

9 décembre 2020

Comprendre et savoir utiliser les règles de Bastien et Scapin

Les règles ergonomiques dans l’UX ça vous dit quelque chose ? Développés à l’INRIA, ces règles sont issus de l’examen d’environ huit cents recommandations, provenant d’études empiriques ou de pratiques courantes, pour la conception des systèmes interactifs traditionnels. À la suite de ces règles Bastien & Scapin, ont concentré ces recommandations en 8 critères, indispensables en UX-Design. Le résumé du travail de Dominic Scapin et de Christian Bastien trouve ses origines dans l’ouvrage suivant: Bastien, J.M.C., Scapin, D. (1993) Ergonomic Criteria for the Evaluation of Human-Computer interfaces. Institut National de recherche en informatique et en automatique, France. 

Au Backyard, en tant qu’agence UX, nous travaillons tous les jours avec ces critères. On s’est dit que vous n’avez sûrement pas le temps de lire une recherche de 83 pages. Alors on est sympa, on vous fait le résumé de ces 8 critères ergonomiques dans cet article. 

1. Le guidage

Le guidage est l’ensemble des moyens mis en œuvre pour conseiller, orienter, informer, et conduire l’utilisateur lors de ses interactions avec l’interface (messages, alarmes, labels, etc.), y compris dans ses aspects lexicaux. L’utilisateur doit comprendre ce qu’il peut faire et comment il peut le faire.  

On y retrouve un ensemble de sous critères :

  • L’incitation 
  • Le groupement/distinction 
  • Le Feedback immédiat 
  • La lisibilité 
  • La localisation 

On vous explique le guidage en détail et ses sous-critères ici.

2. La charge de travail

Ce critère concerne les moyens de réduire la charge perceptive, mnésique et physique de l’utilisateur. En tant qu’UX Designer, l’objectif est de viser à minimiser à la fois la quantité d’informations que l’utilisateur doit prendre en compte, ainsi que le nombre d’actions élémentaires qu’il doit réaliser pour accomplir une tâche donnée. Cela regroupe les sous-critères suivant : 

  • La brièveté (concision et actions minimales) 
  • La densité de l’information
Exemple : Montrer uniquement l’essentielle

3. Le contrôle explicite

Le critère contrôle explicite concerne le degré de maîtrise qu’a l’utilisateur sur les traitements réalisés par le système. C’est un facteur important d’acceptation du logiciel. Les utilisateurs n’aiment pas être menés par le bout du nez et se sentir asservis à la machine. Deux sous-critères participent au contrôle explicite :

  • L’ actions explicites 
  • Le contrôle utilisateur

4. L’adaptabilité

C’est la capacité à réagir et s’adapter selon le contexte, les besoins et les préférences de ses utilisateurs. Plus les manières offertes pour effectuer une action sont nombreuses et plus les chances que l’utilisateur maîtrise l’une d’entre elles sont importantes. 

Il existe deux sous-critères : 

  • La flexibilité 
  • La prise en compte de l’expérience utilisateur 
Exemple : Plusieurs filtres sont mis à disposition pour affiner la recherche

5. La gestions des erreurs

Ce cinquième critère est le suivant, il faut conserver l’intégrité du système en évitant, réduisant les erreurs et en favorisant leurs corrections. L’objectif prioritaire est de minimiser les interruptions dues aux erreurs (maximiser la performance, l’efficience, la productivité). 

On identifie les sous-critères suivants :

  • La protection contre les erreurs 
  • La qualité des messages d’erreurs
  • La correction des erreurs 

6. L’homogénéité et la cohérence

Le critère de cohérence concerne l’homogénéité globale de l’interface. L’objectif est de respecter une logique cohérente pour la présentation et le comportement du système. 

L’homogénéité le rend stable, donc prévisible aux yeux de l’utilisateur, et le temps de recherche de l’information est diminué. 

Exemple : Sur la même page : Titre vert / CTA rouge - Titre de couleurs / CTA vert

7. La signification des codes

Les messages transmis doivent être compréhensibles et utiles. Il ne suffit pas de présenter un message ou un symbole à l’utilisateur, encore faut-il qu’il soit compréhensible et pertinent pour lui. Dans une application professionnelle ou spécialisée, il est essentiel de s’imprégner du vocabulaire des utilisateurs afin de concevoir une interface signifiante pour eux.

8. La compatibilité

Le dernier critère de Bastien & Scapin est le suivant. C’est la capacité du système à s’adapter aux caractéristiques de l’utilisateur. On y retrouve, l’adéquation entre les caractéristiques intrinsèques (enfant, déficient, expert…) ou liées à la tâche de l’utilisateur (aller vite, ne pas faire d’erreur…).

Si vous souhaitez aller plus loin pour comprendre l'origine de ces critères

Le rôle de ces critères

L’ensemble de ces huit critères, permettent de s’assurer d’une meilleure qualité ergonomique des sites web. Ils donnent quelques pistes destinées aux designers afin d’éviter nombre d’erreurs habituelles, et d’approfondir leurs connaissances en matière de techniques d’aide à la conception et de méthodes et techniques d’évaluation.

Toutefois il ne faut pas perdre à l’esprit que ces critères doivent être adaptés à chaque interface et leurs spécificités. 

Le design d’une interface doit être adapté à ses utilisateurs. Pour compléter les critères ergonomiques, n’hésitez pas à faire des tests utilisateurs pour valider les cas d’usages en contexte réel d’utilisation. Cela confirmera la bonne pratique des règles de Bastien et Scapin.

Sources : Capian & INRIA 

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